La question dérange.
Et pourtant, elle mérite d’être posée.
Depuis l’arrivée des IA génératives, certaines tâches sont devenues incroyablement simples.
Rédiger un texte. Résumer un rapport. Préparer une présentation. Structurer une réflexion.
Tout cela peut désormais être réalisé en quelques secondes. C’est une avancée considérable.
Mais comme toute avancée, elle soulève une question.
⚠️ Que se passe-t-il lorsque l’effort devient optionnel ?
Car l’effort intellectuel joue un rôle essentiel. Ce n’est pas uniquement le moyen d’obtenir une réponse.
C’est aussi ce qui développe nos capacités de réflexion.
Lorsque nous cherchons. Lorsque nous comparons. Lorsque nous reformulons. Lorsque nous nous trompons. Notre cerveau apprend.
🧠 Les chercheurs en sciences cognitives savent depuis longtemps que certaines difficultés favorisent l’apprentissage.
Robert Bjork parle même de « difficultés désirables ».
Autrement dit : ce qui est difficile n’est pas toujours un obstacle.
C’est parfois ce qui permet de progresser.
Le risque n’est donc pas que l’IA nous rende moins intelligents.
Le risque est plus subtil. C’est de prendre l’habitude de ne plus faire certains efforts.
Peu à peu. Sans même nous en rendre compte.
Comme un muscle que l’on sollicite de moins en moins.
💡 La vraie question n’est peut-être pas :
« Faut-il utiliser l’IA ? » La réponse est évidemment oui.
La vraie question est : « Quelles tâches devons-nous continuer à faire nous-mêmes pour préserver nos capacités ? »
L’enjeu n’est pas technologique. Il est éducatif.
Car une intelligence assistée reste une intelligence. À condition qu’elle continue à s’exercer.
📚 Sources :
Robert Bjork – Desirable Difficulties in Learning
Nicholas Carr – The Shallows
Microsoft Research – Generative AI and Critical Thinking